Espionnage Mobile :

Pokemon GO est-il un mouchard ?


Les quelques jours ayant suivi le lancement non officiel de Pokemon Go auront suffi pour que le jeu devienne un succès planétaire. Dans les rues comme dans de nombreux lieux publics, des milliers de joueurs sur mobile restent scotchés à leur téléphone, chassant des bestioles imaginaires qu’ils sont les seuls à voir. Entre les coups de doigts forcenés sur leurs écrans et les courses poursuites, les adeptes de Pokemon Go transforment le paysage urbain en terrain de jeu grandeur nature. Si le logiciel déchaine les passions, c’est avant tout parce qu’il permet aux fans de Pokemon de revivre les heures de gloire de la récré dans les années 90. Résolument plus réaliste que ces prédécesseurs, le jeu réduit considérablement l’écart entre le monde réel et le monde virtuel.

Mais que cache réellement cette poule aux œufs d’or de Niantic ? Loin d’être une application anodine, elle serait en fait un véritable mouchard qui abuse tout aussi bien des joueurs que de leur entourage. De plus en plus de joueurs se demandent alors s’il est encore possible d’ouvrir Pokemon Go sans risques. Entre incidents et vols de données, il semble qu’il soit devenu indispensable de redoubler de prudence face à l’application phénomène.

Des incidents impliquant des joueurs de Pokemon Go


Dès les premiers jours, Pokemon Go avait entrainé un nombre d’incidents insolites qui ont fait la une des journaux à travers le monde. Dans chaque cas, des « dresseurs » étaient mis en cause. En dehors des menus accidents dus à l’inattention des marcheurs, le jeu avait aussi provoqué des collisions sur les routes. La France n’était pas épargnée, puisque le nombre de joueurs au volant avait considérablement augmenté. Conscient des dangers qui pouvaient guetter ses fans, Niantic pensait pouvoir résoudre le problème grâce à une mise à jour incluant des consignes de sécurité bien précises. L’impact de l’update n’aura pourtant pas eu l’effet escompté, car les dresseurs continuèrent à s’adonner à leur passion Pokemon, oubliant totalement le monde réel. Le phénomène est tel qu’une joueuse japonaise perd la vie en jouant au volant..

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La vague d’incidents liés au mythique logiciel ne s’arrêtent pourtant pas là. En effet, Pokemon Go a aussi initié une vague de crimes en tous genres. Les vols à l’arraché deviennent monnaie courante, et des ados accros au jeu n’hésitent pas à dérober des smartphones dans leur entourage pour assouvir leur passion. Autre fait divers ayant indigné les internautes : l’abandon d’un nourrisson par ses parents qui voulaient « les attraper tous ». Ces faits insolites ne sont pas des cas isolés, incitant Niantic à rappeler des millions de joueurs à l’ordre.

Des vols d’identité et des intrusions sur propriétés privées


Sur Pokemon Go, il est indispensable de s’inscrire pour pouvoir jouer. Les joueurs ont la possibilité d’utiliser leur compte Gmail ou de créer un compte sur le Club des Dresseurs Pokemon. Dans un cas comme dans l’autre, le chasseur virtuel devra fournir un nombre « limité » d’informations. Le logiciel mobile demande notamment le nom complet ainsi que la date de naissance du nouvel inscrit, avant que celui-ci ne puisse accéder à l’interface principale. Après une rapide personnalisation d’un avatar, le dresseur doit activer son GPS et ses données mobiles pour commencer la chasse. Rien de bien particulier, à priori ! Car comme un bon nombre d’applications,Pokemon Go ne peut se lancer sans que le consommateur n’accepte ses conditions d’utilisation . Sous couverture d’une expérience virtuelle personnalisée, le jeu s’offre ainsi la liberté de faire usage des données de l’utilisateur.

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À bien y regarder, les conditions de service de Niantic laissent deviner les risques pour la génération connectée qui les approuve sans se poser plus de questions. En effet, la firme fait savoir aux joueurs qu’il n’est pas dans leur droit d’humilier et de menacer des personnes ou de leur faire subir une détresse émotionnelle. De même les intrusions sur des propriétés privées sans accord préalable du propriétaire des lieux ne sont pas tolérées. On notera également des mentions sur l’usurpation d’identité d’une personne physique ou morale. Par ces conditions, Niantic se veut rassurant envers des utilisateurs qui souhaitent rester anonymes. Cette pseudo-politique de confidentialité est pourtant loin de protéger les dresseurs du hacking, et les clauses ne sont respectées que par une minorité. Plus encore : le jeu serait lui-même un mouchard qui surexploite les données de ses utilisateurs.

Niantic : poursuivi pour clauses abusives ?


Les dernières mises à jour de Pokemon Go ont apporté des nouveautés majeures qui permettent aux gamers sur téléphone de « mieux apprécier leur expérience virtuelle ». Niantic donne ainsi de nouvelles perspectives aux joueurs qui peuvent désormais parcourir leurs villes avec un pokemon de leur choix. Ces nouvelles fonctionnalités détournent pourtant l’attention des joueurs des clauses abusives de la firme. En effet, les conditions d’utilisation du logiciel stipulent que la firme peut user de l’ensemble des données utilisateurs. Ceci implique les informations inutiles au bon fonctionnement de Pokemon Go, et qui ne nécessitent donc plus le consentement du joueur pour être exploitées. Coup de couteau dans le dos des particuliers ? Ces derniers ne sont pourtant pas les seuls concernés, car les entreprises optant pour des placements de produits sur les dernières versions seraient aussi victimes du problème.

Avec cette application, un simple smartphone devient ainsi un véritable gadget espion. Pour les joueurs, la simple activation du GPS et des données mobiles équivaut à bannir toute vie privée. Déplacements, arrêts, conversations, images, endroits préférés… tout est scruté dans la plus grande discrétion. Pour traquer les moindres informations sur ses joueurs, la société use des cookies qui sont la bête noire des internautes, que des Web Beacons ou pixels invisibles. Ces derniers, ne pouvant pas être désactivés, contribuent à conserver les données de chaque joueur, même après résiliation de leur compte. Plus d’un internaute se plaint désormais de la facilité avec laquelle le jeu porte atteinte à leur vie privée. Des alertes ont fait surface sur les réseaux sociaux, dénonçant le problème et mettant les joueurs en garde contre ces pratiques malsaines. Désormais pointée du doigt, Niantic risque une enquête dont la finalité donnerait raison aux utilisateurs. D’autant que les garanties de sécurités de leurs informations sont carrément inexistantes, laissant la liberté aux cybercriminels d’en disposer à leur aise.

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